Achevé il y a plus d’un an, le pont de l’Oyapock tarde à ouvrir à la circulation. On attend désormais que les travaux de la route se terminent, côté brésilien. Mais plus le temps passe, plus l’inquiétude semble gagner les habitants des deux rives, pas franchement convaincus par l’utilité de cet étonnant édifice.

On n’y danse pas encore… sur le pont de l’Oyapock. Et pour cause : Fifi veille au grain. Comme tous les soirs, la vieille chienne bâtarde récemment promue adjudant chef – « juste pour blaguer » – monte la garde, assise au pied d’une des trois aubettes qui forment le poste de contrôle de la Paf, côté français. On n’avait encore jamais rencontré de “ douanière ” qui se laisse caresser aussi facilement ! L’endroit est désert. « On se demande à quoi il va servir, ce pont », glisse un agent, de retour de patrouille. « Regardez, même les aubettes sont déjà usées par le temps ! » Il faut dire que l’édifice est terminé depuis plus d’un an, tout comme la route d’accès. Mais aujourd’hui, la traversée du pont est toujours strictement interdite. « Quand ce sont des journalistes, ça va, mais quand des gars viennent pour enregistrer un clip sans autorisation, on est obligé de les virer », témoigne un autre policier qui débute son service.
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