Dans vingt minutes, la maison sur pilotis sera à nouveau inondée et il faudra nettoyer – encore – la boue déposée par la lame d’eau. Mais Maria ne soupire pas. Elle prend son bébé dans ses bras, traverse la terrasse et s’en va au bout du ponton qui surplombe un canal vaseux à sec. La boue luit sous le soleil matinal et la plaine se confond au loin avec le ciel et le fleuve. L’horizon blanchâtre et lumineux ne laisse rien apparaître du désastre quotidien qui s’approche. Mais le bruit est sans équivoque : la pororoca arrive ! Et bientôt, le fleuve débordera, s’engouffrera dans les canaux et en quelques minutes envahira la plaine, déposant son limon dans la maison de Maria.

Le parcours sur un bras de l'Amazone, qui mène à l'estuaire de l'Araguari depuis Macapa n'est pas un long fleuve tranquille.


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