Un récent travail de divers chercheurs de l’agence américaine NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et de différentes universités s’intéresse à la pollution des hydrocarbures sur les dauphins. Cette étude intitulée « Health of Common Bottlenose Dolphins (Tursiops truncatus) in Barataria Bay, Louisiana, Following the Deepwater Horizon Oil Spill » montre notamment que les Grands dauphins (Tursiops truncatus) soumis à pollution pétrolière deviennent malades (traduction du titre de l’étude : « Santé des Grands dauphins en baie de Barataria en Louisiane suite à la pollution pétrolière engendrée par la catastrophe Deepwater Horizon »).

La mauvaise foi des compagnies pétrolières est telle que des agences d’Etat aussi sérieuses que le NOAA ont du financer ce genre d’étude.

Un résumé de l’étude est disponible ici (en anglais) : http://www.nmfs.noaa.gov/stories/2013/12/12_18_13gulf_dolphin_study.html

Vous pouvez également télécharger l’étude au complet ici (en anglais) : 

  Tursiops_sante-pollution_NOAA-2013.pdf (268,2 Ko, 635 hits)

Traduction en français du résumé de l’étude : 

Le déversement de pétrole suite à l’explosion de la plate-forme de forage Deepwater Horizon a généré une inquiétude immédiate pour la faune marine , y compris pour les grands dauphins communs vivant près des côtes. Pour évaluer les effets potentiellement toxiques sur les dauphins, des tests sanitaires ont été menés dans la baie de Barataria en Louisiane, une région durement et longuement touchée par cette catastrophe, contrairement au site de référence de la baie de Sarasota en Floride, où aucune trace de pétrole n’a été décelée.

Des dauphins ont été temporairement capturés afin de recevoir un examen vétérinaire, puis ont ensuite été libérés. L’échantillon de dauphins dans la baie de Barataria montrait des signes d’hypoadrénocorticisme (aussi appelé maladie d’Addison, qui atteint les glandes surrénales, ndlr), similaires aux maladies observées chez des mammifères de laboratoire exposés à l’huile. Les dauphins de la baie de Barataria étaient cinq fois plus susceptibles de souffrir d’une maladie pulmonaire modérée à sévère, généralement caractérisée par un syndrome alvéolaire et interstitiel important, une tumeur pulmonaire ou un œdème pulmonaire. Sur les 29 dauphins évalués dans la baie de Barataria, 48 % ont reçu un pronostic réservé ou pire, et la survie de 17 % a été jugée fortement compromise. Comparativement aux dauphins de la baie de Sarasota ou à d’autres populations de dauphins sauvages, la prévalence de maladies chez ceux de la baie de Barataria était significativement plus élevée. Les affections observées chez ces dauphins sont certes relativement rares, mais peuvent tout à fait être dues à l’exposition au pétrole d’hydrocarbures et sa toxicité .

Photo : Dauphin au large de la Guyane – Étude cétacés  GEPOG – septembre 2011 – Atelier Aymara