Alors que le débat national sur la transition énergétique s’organise jusqu’en juillet 2013, le GENERG (Groupement des ENtreprises en Energies Renouvelables de Guyane) et la Fédération des associations de protection de la nature, Guyane Nature Environnement (GNE), rappellent que la Guyane dispose d’un grand potentiel de développement des énergies renouvelables.

 

La position du GENERG (communiqué de presse du 03/04/2013)  : « La Guyane exclue par le gouvernement de sa politique de soutien aux énergies renouvelables »

Lors de la conférence environnementale de septembre 2012, le président François Hollande s’engageait sur la prise d’un arrêté fixant les conditions d’achat de l’électricité d’origine éolienne dans les DOM pour décembre dernier. Le texte vient de sortir aujourd’hui. La Guyane a été exclue, au même titre que la Corse et Saint-Pierre-et-Miquelon. La promesse gouvernementale ne valait-elle que pour les Antilles et la Réunion ?

En conséquence, le projet d’implantation de 5 éoliennes dans la savane Matiti à Kourou, porté depuis plusieurs années par la société guyanaise Cr’Eole, ne pourra pas voir le jour. En mars 2012, le projet a pourtant été désigné lauréat par le gouvernement suite à un appel d’offre, dans lequel la Guyane était éligible, visant à installer un parc éolien avec un système de prévision et de stockage de la production.

A cette époque, le financement du projet permettait le recours à l’aide fiscale à l’investissement outre-mer mais le ministère de l’économie et des finances vient d’en décider autrement en janvier dernier et refuse d’octroyer cette aide. Un tarif d’achat adapté, attendu dans cet arrêté, restait la seule solution pour réaliser un projet qui dispose de toutes les autorisations requises.

Les professionnels s’interrogent sur l’attitude du gouvernement qui a lancé un débat national sur la transition énergétique et prend des mesures sans aucune concertation avec les acteurs des territoires concernés. La Guyane a été visiblement écarté de ce débat.

Une solution politique est cependant envisageable. La Guyane ayant été exclue du dispositif tarifaire, un arrêté concernant le territoire guyanais peut encore être pris si le gouvernement le décide. Nous demandons aux élus et représentants de l’Etat en Guyane de faire savoir à Paris notre consternation sur l’arrêté venant d’être adopté et notre espérance pour trouver une solution adéquate à cette situation.

Vous pouvez également télécharger les positions du GENERG sur la sobriété énergétique et l’éolien en Guyane, en cliquant sur les fichiers ci-dessous :

  GENERG : sobriété énergétique (527,6 Ko, 464 hits)

  GENERG : éolien (383,1 Ko, 252 hits)

Contact GENERG : Laurent PIPET, Secrétaire, info@generg.fr, www.generg.fr

En 2013, le GENERG regroupe 17 entreprises locales et représente 50 emplois intervenant à tous les niveaux des filières Maîtrise de l’Energie (Efficacité énergétique, Thermique du bâtiment) et des Energies Renouvelables disponibles localement (éolien, hydro-électricité, biomasse et solaire thermique et photovoltaïque). Depuis sa création en 2007, le GENERG œuvre en faveur de l’indépendance énergétique du territoire. Le scénario GENERG détaille cette stratégie qui vise à développer un mix énergétique basé sur l’exploitation des ressources locales et renouvelables, couplé à des actions d’amélioration de l’efficacité énergétique. Pour sa mise en œuvre, le GENERG insiste sur la nécessaire prise en compte des spécificités territoriales dans l’élaboration de la réglementation relative à ces domaines d’activités.

 

La position de GNE (communiqué de presse du 26/04/2013) : « Débat sur la transition énergétique : Quels sont les vrais enjeux pour la Guyane ? »

A quelques jours du débat institutionnel sur la transition énergétique en Guyane, la fédération Guyane Nature Environnement tient à rappeler l’objet de ce débat organisé partout en France : définir les changements à opérer dans nos sociétés afin que l’énergie reste disponible pour tous à un faible impact pour l’environnement.

Le débat sur la transition énergétique a été voulu par le Président de la République afin que la France change enfin ses pratiques en matière d’énergie. Ces changements obligatoires étant dictés par les réalités d’un pétrole de plus en plus rare et cher et d’un changement climatique planétaire aujourd’hui indéniable.

Partout en France, il convient donc de changer nos pratiques : mieux consommer, avec intelligence et sens de l’économie, tant pour notre porte-monnaie que pour la planète ; produire plus propre, pour se préparer à la sortie des industries sales, pétrole en tête.

En Guyane, les enjeux sont centrés là aussi sur la population et l’environnement. Le prix du carburant va inévitablement augmenter dans les prochaines années. Il faut donc prévoir dès aujourd’hui et notamment en termes de transports, les changements à opérer pour protéger les consommateurs d’une énergie trop chère et qui serait demain inaccessible aux plus pauvres.

Dans le même temps, la production d’énergie ne doit pas trop peser sur notre environnement. Il faut privilégier les projets d’énergies renouvelables les plus respectueux de l’environnement, en réfléchissant bien aux impacts sur les milieux naturels.

Un véritable bouquet énergétique est possible en Guyane. Il a déjà commencé à se mettre en place ces dernières années. Il faut continuer sur cette lancée, en privilégiant un usage plus intelligent de l’énergie et une diversification des petites unités de production d’énergie renouvelable. Il ne faut pas avoir peur non plus de la croissance démographique. Les économies d’énergies et le développement récent des énergies renouvelables en Guyane permettent déjà de prendre en charge cette augmentation de la population.

Patricia TABOURNEL PROST, Présidente de Guyane Nature Environnement : « Il nous faut sérieusement réfléchir à notre usage de l’énergie. Le tout-clim n’est pas tenable. Il nous faut isoler nos bâtiments, construire plus intelligemment et continuer à développer des petites unités de production d’énergies renouvelables. Nous n’aurons alors pas besoin d’un second grand barrage, dont le prix est bien trop élevé pour les contribuables comme pour la forêt. »

Contact : Christian ROUDGE : 06 94 209 207, Coordinateur de la fédération Guyane Nature Environnement

 

Site officiel du Débat national

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